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N.B. : Tous les liens externes dans le texte renvoient à des articles en anglais.
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Introduction
Au XXIe siècle, le populisme est devenu l’une des forces les plus puissantes et controversées qui façonnent la politique mondiale. Des États-Unis à l’Europe, en passant par l’Amérique latine et certaines régions d’Asie, les mouvements populistes ont gagné en influence. Ils se présentent comme la voix du « peuple » luttant contre des élites corrompues.
Si le populisme peut parfois mettre en lumière de véritables frustrations sociales, de nombreux analystes politiques avertissent qu’il contribue de plus en plus à l’érosion démocratique. Le populisme contribue à l’affaiblissement des institutions, à la polarisation des sociétés et à l’encouragement des tendances autoritaires.
Principaux enseignements
- Le populisme divise la société entre « le peuple » et « l’élite », souvent au détriment des institutions démocratiques.
- Les mouvements populistes utilisent des messages simplifiés et émotionnels pour mobiliser le soutien, en rejetant l’expertise.
- L’impact du populisme sur la démocratie se manifeste par l’affaiblissement des institutions, la restriction des libertés civiles et la polarisation politique.
- Le populisme actuel rappelle les tendances fascistes du XXe siècle, en exploitant l’angoisse économique et en attaquant les institutions démocratiques.
- Pour contrer le populisme, il est crucial de protéger les institutions démocratiques tout en répondant aux frustrations légitimes des citoyens.
Table des matières
Qu’est-ce que le populisme ?

Les politologues définissent souvent le populisme comme une idéologie qui divise la société en deux groupes : « le peuple pur » et « l’élite corrompue ».
Une étude publiée sur PsyPost.org en août 2025 décrit le populisme comme un mouvement politique qui prétend que la politique doit refléter « la volonté du peuple », tout en rejetant souvent les institutions démocratiques établies et le compromis. Alors, cette rhétorique peut être émotionnellement puissante car elle séduit les citoyens qui se sentent ignorés par les partis politiques traditionnels, face aux inégalités économiques ou aux mutations culturelles.
Rhétorique anti-système
La montée du populisme s’est considérablement accélérée depuis le début des années 2000.
Des événements tels que :
- la crise financière mondiale de 2008,
- le Brexit au Royaume-Uni,
- les élections de Donald Trump en 2016 et 2024,
- et la montée des mouvements anti-système en Europe ont profondément remodelé le débat politique.
Selon une étude universitaire récente (publiée dans Taylor & Francis Online), le populisme a émergé en partie en raison de transformations socio-économiques de long terme. Ces transformations sont liées à la mondialisation, à l’immigration et à la méfiance envers les systèmes politiques traditionnels.
Impact sur les institutions démocratiques
L’une des principales préoccupations concernant le populisme moderne est son impact sur les institutions démocratiques.
Les démocraties reposent sur :
- l’équilibre des pouvoirs,
- l’indépendance de la justice,
- la liberté de la presse et
- le respect de l’opposition politique.
Or, les dirigeants populistes s’attaquent fréquemment à ces institutions en affirmant qu’elles entravent la « volonté du peuple ».
Une étude publiée dans la revue Society en 2025 par Archie Brown mettait en garde contre la désillusion croissante du public à l’égard de la démocratie. Cette désillusion a « ouvert la voie à la montée de dirigeants populistes ayant une propension… à l’autoritarisme ».
Une autre étude de Maximilian Schiffers (Springer Nature Link) est publiée sur le recul démocratique. Elle affirme que les gouvernements populistes promeuvent souvent des « programmes illibéraux » en affaiblissant les institutions publiques et en concentrant le pouvoir.

L’érosion de la démocratie
Des exemples d’érosion démocratique sont désormais visibles dans plusieurs pays.
En Hongrie, le Premier ministre Viktor Orbán a été critiqué par l’Union européenne pour avoir restreint l’indépendance de la justice et la liberté de la presse. Le récent succès de Péter Magyar aux élections hongroises (avril 2026, LSE Blogs) ne constitue pas encore une victoire de la démocratie libérale sur le populisme. Cependant, il tisse des liens étroits avec la Communauté européenne. Ainsi, il invite les Hongrois à « franchir le seuil du changement de régime ».
En Turquie, le président Recep Tayyip Erdoğan a été accusé de réprimer l’opposition politique et de restreindre les libertés civiles.
Aux États-Unis, les commentateurs politiques débattent de plus en plus de la question de savoir si la polarisation intense et les attaques contre la légitimité électorale affaiblissent les normes démocratiques. Un article récent du Monde (mai 2026) affirm que l’évolution de la situation politique américaine révèle une « érosion » inquiétante des contre-pouvoirs constitutionnels.
Simplification des messages politiques

Le populisme se propage également grâce à des messages politiques émotionnels et simplifiés. Les mouvements populistes instrumentalisent souvent la peur, le nationalisme et la colère pour influencer l’opinion publique.
Les réseaux sociaux ont amplifié ce processus. Ils permettent la diffusion rapide de messages politiques, de théories du complot et de désinformation. Francis Fukuyama, politologue américain, a récemment soutenu qu’Internet a joué un rôle majeur dans la montée du populisme mondial. L’Internet accélère l’indignation, la méfiance et les conflits culturels.
Rejet de l’expertise
Une autre caractéristique importante du populisme est le rejet de l’expertise.
Les scientifiques, les journalistes, les universitaires et les juges sont fréquemment dépeints comme membres d’une élite déconnectée de la réalité, œuvrant contre les citoyens ordinaires. Cela mine la confiance dans les informations factuelles et encourage les théories du complot.
Par exemple, pendant la pandémie de Covid-19, la rhétorique populiste dans plusieurs pays a contribué à la méfiance envers les avis scientifiques et les institutions publiques.
Liens avec le fascisme
La montée du populisme au XXIe siècle a souvent été comparée à celle du fascisme au XXe siècle.
Si le populisme moderne et le fascisme historique ne sont pas identiques, ils partagent plusieurs caractéristiques importantes.
Les mouvements fascistes des années 1920 et 1930 ont également :
- exploité l’angoisse économique,
- l’humiliation nationale et
- la frustration populaire envers les élites politiques.
Des dirigeants comme Benito Mussolini en Italie et Adolf Hitler en Allemagne se présentaient comme les défenseurs du « vrai peuple ». Ils voulaient faire croire qu’ils étaient contre les institutions corrompues et les ennemis extérieurs.
À l’instar des populistes d’aujourd’hui, les dirigeants fascistes s’appuyaient fortement sur :
- la propagande émotionnelle,
- le nationalisme et
- les attaques contre les institutions démocratiques.
Ils utilisaient les médias de masse pour simplifier des problèmes complexes. Ils imputent le déclin national aux minorités, aux étrangers ou à leurs opposants politiques. Au fil du temps, les systèmes démocratiques ont été progressivement démantelés de l’intérieur.
Les historiens soulignent souvent que le fascisme n’a pas détruit la démocratie immédiatement par une révolution violente. Actuellement, au contraire, les institutions démocratiques ont été lentement affaiblies jusqu’à ce que le régime autoritaire devienne la norme.
Attaques contre les institutions démocratiques
L’érosion démocratique moderne suit un schéma similaire dans certains pays aujourd’hui.
Plutôt que de renverser la démocratie du jour au lendemain, les gouvernements populistes peuvent :
- affaiblir le système judiciaire,
- s’en prendre aux journalistes,
- contester les résultats des élections ou
- réduire l’indépendance des fonctionnaires.
Une analyse dans Science News (octobre 2024) mettait en garde contre le déclin démocratique. Ce déclin est souvent progressif. Les dirigeants élus « attaquent les institutions de manière itérative » tout en préservant les apparences de légitimité démocratique.
Le populisme se développe par peur du changement
Cependant, les experts soulignent également que le populisme se développe en partie parce que de nombreux citoyens se sentent exclus par les systèmes politiques en place.
Les inégalités économiques et la baisse de confiance dans les institutions. Les craintes liées à l’identité et aux mutations culturelles ont toutes alimenté le soutien aux mouvements populistes.
Certains commentateurs affirment que les partis politiques traditionnels n’ont pas su répondre à ces préoccupations. Ainsi, ils ont laissé le champ libre à des voix plus extrémistes.

Le défi pour les démocraties modernes
Le défi pour les démocraties modernes est donc double :
- protéger les institutions démocratiques tout en
- répondant aux frustrations légitimes du public.
Les démocraties fortes reposent non seulement sur les élections, mais aussi sur :
- la vérité,
- la responsabilité,
- des institutions indépendantes et
- des citoyens informés.
Face à la montée du populisme à l’échelle mondiale, que pouvons-nous faire ?
L’avenir de la démocratie dépendra peut-être :
- de la capacité des sociétés à rétablir la confiance,
- à réduire la polarisation et
- à défendre les valeurs démocratiques avant que l’érosion démocratique ne devienne irréversible.

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