lundi 2 novembre 2020

J’espère que je serai toujours à la hauteur de défendre la liberté d’expression, l’égalité de tous les être humains et la fraternité qui doit régner entre nous tous.

U2 – One pour Samuel PATY

Is it getting better

Or do you feel the same?

Will it make it easier on you now?

You got someone to blame

You say one love, one life (One life)

It’s one need in the night

One love (one love), get to share it

Leaves you darling, if you don’t care for it

Did I disappoint you?

Or leave a bad taste in your mouth?

You act like you never had love

And you want me to go without

Well it’s too late, tonight

To drag the past out into the light

We’re one, but we’re not the same

We get to carry each other

Carry each other

One, one

One, one

One, one

One, one

Have you come here for forgiveness?

Have you come to raise the dead?

Have you come here to play Jesus?

To the lepers in your head

Well, did I ask too much, more than a lot?

You gave me nothing, now it’s all I got

We’re one, but we’re not the same

See we hurt each other, then we do it again

You say love is a temple, love is a higher law

Love is a temple, love is a higher law

You ask me of me to enter, but then you make me crawl

And I can’t keep holding on to what you got, ’cause all you got is hurt

One love

One blood

One life

You got to do what you should

One life

With each other

Sisters and my brothers

One life

But we’re not the same

We get to carry each other, carry each other

One, one

One, one

One

One love, one life

Source: LyricFind

Songwriters: Adam Clayton / Dave Evans / Larry Mullen / Paul David Hewson

One lyrics © BMG Rights Management, Universal Music Publishing Group

Hommage à Samuel PATY, lundi 2 novembre 2020

Une minute de silence sera observée à 11h dans chaque classe. Et avant cela, une lettre de Jean Jaurès adressée « aux instituteurs et aux institutrices » sera lue. Ce texte fondateur de l’école publique a été écrit en 1888 par Jaurès, alors âgé de 29 ans et qui était à l’époque le plus jeune député de France. La lettre avait été publiée sous la forme d’une chronique dans le journal toulousain La Dépêche. Jaurès avait exercé en tant qu’enseignant durant deux ans avant de se lancer en politique. 

Voici le texte en question :

Aux Instituteurs et Institutrices 

Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés n’auront pas seulement à écrire et à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d’une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont Français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son histoire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation. Enfin ils seront hommes, et il faut qu’ils aient une idée de l’homme, il faut qu’ils sachent quelle est la racine de toutes nos misères : l’égoïsme aux formes multiples ; quel est le principe de notre grandeur : la fierté unie à la tendresse. 

Il faut qu’ils puissent se représenter à grands traits l’espèce humaine domptant peu à peu les brutalités de la nature et les brutalités de l’instinct, et qu’ils démêlent les éléments principaux de cette œuvre extraordinaire qui s’appelle la civilisation. Il faut leur montrer la grandeur de la pensée ; il faut leur enseigner le respect et le culte de l’âme en éveillant en eux le sentiment de l’infini qui est notre joie, et aussi notre force, car c’est par lui que nous triompherons du mal, de l’obscurité et de la mort. 

Eh quoi ! Tout cela à des enfants ! — Oui, tout cela, si vous ne voulez pas fabriquer simplement des machines à épeler. Je sais quelles sont les difficultés de la tâche. Vous gardez vos écoliers peu d’années et ils ne sont point toujours assidus, surtout à la campagne. Ils oublient l’été le peu qu’ils ont appris l’hiver. Ils font souvent, au sortir de l’école, des rechutes profondes d’ignorance et de paresse d’esprit, et je plaindrais ceux d’entre vous qui ont pour l’éducation des enfants du peuple une grande ambition, si cette grande ambition ne supposait un grand courage. […] 

Sachant bien lire, l’écolier, qui est très curieux, aurait bien vite, avec sept ou huit livres choisis, une idée, très générale, il est vrai, mais très haute de l’histoire de l’espèce humaine, de la structure du monde, de l’histoire propre de la terre dans le monde, du rôle propre de la France dans l’humanité. Le maître doit intervenir pour aider ce premier travail de l’esprit ; il n’est pas nécessaire qu’il dise beaucoup, qu’il fasse de longues leçons ; il suffit que  tous les détails qu’il leur donnera concourent nettement à un tableau d’ensemble. De ce que l’on sait de l’homme primitif à l’homme d’aujourd’hui, quelle prodigieuse transformation ! et comme il est aisé à l’instituteur, en quelques traits, de faire sentir à l’enfant l’effort inouï de la pensée humaine ! […] 

Je dis donc aux maîtres, pour me résumer : lorsque d’une part vous aurez appris aux enfants à lire à fond, et lorsque d’autre part, en quelques causeries familières et graves, vous leur aurez parlé des grandes choses qui intéressent la pensée et la conscience humaine, vous aurez fait sans peine en quelques années œuvre complète d’éducateurs. Dans chaque intelligence il y aura un sommet, et, ce jour-là, bien des choses changeront. 

Jean Jaurès, La Dépêche, journal de la démocratie du midi, 15 janvier 1888.

https://www.francebleu.fr/infos/education/decouvrez-la-lettre-de-jean-jaures-lue-aux-enfants-ce-lundi-en-hommage-a-samuel-paty-1604290013